Vous avez peut-être déjà décidé de réagir autrement, puis, au moment où la situation se présente, vous faites exactement comme d’habitude.
Vous pourriez vous dire : « Cette fois, je vais rester calme. Je ne vais pas prendre les choses pour moi. Je vais dire ce que je ressens. Je ne vais pas fuir. »
Et pourtant, une parole, un regard, une absence ou une situation familière pourrait suffire à déclencher quelque chose en vous avant même que vous ayez eu le temps de réfléchir.
Vous pourriez vous énerver, vous fermer, vous éloigner, vouloir contrôler, vous justifier ou, au contraire, ne plus réussir à parler.
Puis, une fois la réaction passée, vous pourriez vous demander : « Mais pourquoi j’ai encore fait ça ? »
Je rencontre souvent cette incompréhension dans mes accompagnements.
Et si votre cerveau ne cherchait pas à vous compliquer la vie ?
Et s’il reproduisait simplement une réponse qu’il aurait apprise comme une manière de vous protéger ?
Comprendre le fonctionnement du cerveau pourrait alors nous aider à regarder nos réactions avec moins de jugement et davantage de curiosité.
📌 À retenir
• Votre cerveau apprend continuellement à partir de vos expériences et de votre environnement.
• Certains automatismes pourraient avoir été construits comme des réponses de protection.
• Une réaction autrefois utile pourrait ne plus être adaptée à votre vie actuelle.
• Comprendre ce qui se joue derrière une réaction pourrait ouvrir la possibilité d’une autre réponse.
Notre cerveau apprend à partir de ce que nous vivons.
Le fonctionnement du cerveau est fascinant parce qu’il ne se limiterait pas à ce que nous pensons consciemment.
Nous apprenons en permanence.
Pas seulement à l’école, pas seulement lorsque quelqu’un nous explique quelque chose.
Nous apprenons aussi à travers ce que nous vivons.
Une odeur.
Une voix.
Un regard.
Une sensation dans le corps.
Un contact.
Une ambiance.
Une parole.
Une situation relationnelle.
Nos cinq sens nous permettent de recevoir continuellement des informations provenant de notre environnement.
Notre cerveau va ensuite les traiter et pourrait les mettre en relation avec ce qu’il connaît déjà.
Une expérience agréable pourrait ainsi être associée à une sensation de sécurité, de plaisir ou de connexion.
Une expérience désagréable pourrait, elle, être associée à une alerte, à un inconfort ou à la nécessité de s’éloigner.
À force de répétition, certaines associations pourraient devenir familières.
Et ce qui est familier pourrait alors être plus facilement reproduit.
C’est aussi ce qui nous permet de vivre notre quotidien sans devoir réfléchir consciemment à chaque geste.
Nous n’avons pas besoin de penser à chaque étape lorsque nous marchons, conduisons sur un trajet connu ou préparons notre petit-déjeuner.
Notre cerveau automatise énormément de choses.

Le cerveau pourrait préférer ce qu’il connaît.
J’aime imaginer notre cerveau comme une immense bibliothèque intérieure.
Chaque expérience pourrait y laisser une trace.
Certaines seraient très présentes.
D’autres beaucoup plus discrètes.
Lorsqu’une situation se présente, notre cerveau pourrait rechercher rapidement ce qui ressemble à quelque chose qu’il connaît déjà.
« Est-ce que j’ai déjà vécu ça ? »
« Qu’est-ce qui s’était passé ? »
« Comment avais-je réagi ? »
« Est-ce que cette réponse m’avait permis de m’en sortir ? »
Si une réaction a déjà fonctionné, même imparfaitement, notre cerveau pourrait avoir tendance à la réutiliser.
C’est là que peuvent se construire certains comportements automatiques.
Le cerveau ne chercherait pas nécessairement à nous faire souffrir.
Il pourrait simplement utiliser une stratégie connue parce qu’elle lui semblerait suffisamment efficace pour faire face à la situation.
C’est pour cela que certaines de nos réactions peuvent sembler totalement disproportionnées par rapport à ce qui se passe réellement aujourd’hui.
Notre cerveau pourrait ne pas réagir uniquement à la situation présente.
Il pourrait aussi réagir à ce qu’elle lui rappelle.
Quand une ancienne protection continue de fonctionner.
Imaginez une petite fille qui aurait appris qu’il vaut mieux ne pas faire de vagues.
Peut-être aurait-elle grandi dans un environnement où les conflits étaient difficiles à vivre.
Elle aurait alors pu apprendre à se taire, à faire plaisir, à anticiper les besoins des autres ou à cacher ce qu’elle ressent.
À ce moment-là, cette manière de fonctionner aurait peut-être été utile.
Elle aurait pu lui permettre d’éviter certaines tensions, de conserver le lien ou simplement de traverser une situation qu’elle ne pouvait pas changer.
Puis elle grandit.
Elle devient adulte.
Sa vie change.
Mais lorsqu’une tension apparaît dans une relation, elle pourrait encore avoir le réflexe de se taire.
Elle pourrait même ressentir une immense frustration.
Une partie d’elle voudrait parler.
Une autre pourrait chercher immédiatement à éviter le conflit.
Et après coup, elle pourrait se demander :
« Pourquoi je n’arrive jamais à dire ce que je pense ? »
Je ne regarderais pas forcément cette réaction comme un manque de volonté.
Je pourrais plutôt me demander ce que cette personne aurait appris à faire dans son histoire et ce que son cerveau pourrait encore considérer comme protecteur.
Le conscient voudrait changer, l’automatisme pourrait dire autre chose.
C’est souvent ici que nous pouvons ressentir une véritable contradiction intérieure.
Vous pourriez savoir exactement ce que vous aimeriez faire.
Vous pourriez même avoir réfléchi à la situation pendant des heures.
« La prochaine fois, je lui parlerai calmement. »
« Je ne prendrai pas cette remarque personnellement. »
« Je vais poser mes limites. »
Et pourtant, lorsque la situation arrive, votre corps pourrait réagir avant votre réflexion consciente.
Votre cœur pourrait accélérer.
Votre ventre pourrait se nouer.
Vos épaules pourraient se tendre.
La colère pourrait monter.
L’envie de partir pourrait apparaître.
Ou au contraire, vous pourriez ne plus réussir à parler.
Cela ne signifierait pas forcément que vous ne voulez pas changer.
Il pourrait simplement exister un décalage entre ce que vous décidez consciemment et ce que votre cerveau aurait appris à faire automatiquement.
Le conscient pourrait imaginer une nouvelle possibilité.
L’automatisme pourrait continuer à utiliser une ancienne réponse.
Une situation ordinaire pourrait réveiller une réaction beaucoup plus grande.
Prenons une situation très concrète.
Votre conjoint pourrait passer du temps seul dans le jardin, à la cave ou dans une autre pièce.
Objectivement, il pourrait simplement avoir envie d’être tranquille quelques instants.
Mais dans votre tête, une autre interprétation pourrait apparaître :
« Il ne veut pas être avec nous. »
Et à partir de cette pensée, tout pourrait s’enchaîner très vite.
L’énervement.
La colère.
La frustration.
Puis, derrière cette colère, peut-être un besoin beaucoup plus profond :
« J’aimerais être soutenue. »
« J’aimerais partager davantage avec lui. »
« Je me sens seule. »
« J’ai l’impression de devoir tout porter. »
La situation extérieure serait une chose.
Ce que votre cerveau pourrait lui faire signifier en serait une autre.
Et c’est précisément cette différence qui m’intéresse dans mes accompagnements.
Parce qu’en allant regarder ce qui se passe entre la situation et la réaction, nous pourrions parfois découvrir tout un chemin intérieur.

L’interprétation que notre cerveau pourrait en faire en est une autre.
Notre réaction pourrait raconter quelque chose de nous.
Une réaction émotionnelle ne serait pas forcément quelque chose qu’il faudrait supprimer.
Elle pourrait aussi être une information.
La colère pourrait parfois signaler un besoin qui n’aurait pas trouvé sa place.
Le retrait pourrait parfois être une manière de retrouver de la sécurité.
Le contrôle pourrait parfois chercher à réduire l’incertitude.
La fuite pourrait parfois éviter une sensation devenue trop inconfortable.
La suradaptation pourrait parfois chercher à préserver le lien.
Je ne dirais pas que chaque émotion possède une signification unique.
Ce serait beaucoup trop simple.
Mais je crois que cela vaut la peine de se demander ce qui pourrait se jouer derrière une réaction répétitive.
Parce que lorsque nous nous contentons de dire :
« Je suis comme ça. »
nous risquons de nous enfermer dans cette identité.
Alors que si nous disons :
« J’ai peut-être appris à fonctionner comme ça. »
nous ouvrons déjà une autre possibilité.
L’inconscient ne serait pas notre ennemi?
On entend souvent dire que « l’inconscient est plus fort que nous ».
Je préfère nuancer cette idée.
Notre fonctionnement automatique peut parfois prendre le dessus sur notre intention consciente, surtout lorsqu’une situation est perçue comme importante, familière ou menaçante.
Mais cela ne signifie pas que nous serions condamnés à subir nos automatismes.
J’aime utiliser l’image du disque dur pour expliquer simplement cette partie de notre fonctionnement.
Il pourrait contenir énormément d’informations apprises au fil de notre vie : habitudes, associations, expériences, stratégies d’adaptation et lors de notre période de projet de naissance et aussi des influences transgénérationnelles,
Mais contrairement à un véritable disque dur, notre cerveau n’est pas figé.
Il apprend encore.
Il s’adapte.
Il peut intégrer de nouvelles expériences.
Certaines associations pourraient être réévaluées.
Et c’est précisément là que je trouve intéressant de ne pas chercher à faire la guerre à notre inconscient.
Je préfère essayer de comprendre sa logique.
Et si nous arrêtions de lutter contre nous-mêmes ?
Lorsque nous essayons simplement de supprimer une réaction, nous pouvons parfois nous retrouver dans une nouvelle bataille intérieure.
« Il ne faut pas que je sois en colère. »
« Il ne faut pas que je ressente ça. »
« Il faut que je contrôle mes pensées. »
Mais plus nous luttons, plus nous pouvons parfois rester focalisés sur ce que nous cherchons justement à faire disparaître.
Alors je préfère poser d’autres questions.
Qu’est-ce qui vient de se passer ?
Qu’est-ce que j’ai immédiatement pensé ?
Qu’est-ce que j’ai ressenti dans mon corps ?
Quelle émotion est apparue ?
Qu’est-ce que cette émotion pourrait chercher à me signaler ?
Qu’est-ce que mon cerveau pourrait chercher à éviter ou à protéger ?
Ce changement de regard pourrait permettre de créer un petit espace entre ce qui se passe et ce que nous faisons.
Et dans cet espace, une autre réponse pourrait devenir possible.
Comprendre avant de vouloir changer.
Pour moi, c’est une étape importante.
Avant de chercher à modifier un comportement, j’aime comprendre pourquoi il pourrait être là.
Un comportement qui nous paraît aujourd’hui incompréhensible pourrait avoir eu une cohérence à un autre moment.
Se taire aurait peut-être évité un conflit.
Faire plaisir aurait peut-être permis de conserver le lien.
Contrôler aurait peut-être donné une impression de sécurité.
Fuir aurait peut-être permis de ne pas rester dans une situation vécue comme trop difficile.
Cela ne signifie pas que ces comportements seraient encore nécessaires.
Cela signifie simplement qu’ils pourraient avoir une histoire.
Et connaître cette histoire pourrait changer notre manière de nous regarder.
Le cerveau pourrait apprendre autrement.
Notre cerveau possède une capacité d’apprentissage qui ne s’arrête pas à l’enfance.
De nouvelles expériences pourraient apporter de nouvelles informations.
Dire ce que l’on ressent et constater que le lien reste présent.
Poser une limite et découvrir que l’autre ne disparaît pas.
Demander de l’aide et expérimenter que l’on peut être soutenu.
Laisser une part d’incertitude sans chercher immédiatement à tout contrôler.
Vivre une situation qui ressemblait autrefois à un danger et découvrir qu’elle peut aujourd’hui être différente.
Ces nouvelles expériences pourraient progressivement venir nuancer les anciennes associations.
C’est pourquoi je crois qu’il est parfois plus intéressant de chercher à créer de nouvelles expériences que de vouloir simplement supprimer les anciennes réactions.

Comprendre ce qui se joue en nous.
Ce qui me touche dans ce travail, c’est le moment où une personne passe progressivement de :
« Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? »
à :
« Qu’est-ce qui se passe en moi ? »
La première question peut enfermer.
La seconde ouvre.
Elle permet de regarder une émotion, une réaction ou un comportement avec davantage de curiosité.
Et parfois, derrière ce qui semblait être un problème, nous pourrions découvrir une tentative d’adaptation, une ancienne protection ou simplement un apprentissage qui continuerait de fonctionner.
Pour moi, comprendre ne signifie pas tout excuser.
Cela signifie se donner suffisamment d’espace pour regarder autrement.
Et lorsque nous comprenons mieux notre fonctionnement, nous pouvons parfois retrouver davantage de choix.
Un accompagnement à Bourgvilain, près de Cluny et Mâcon
J’accompagne à Bourgvilain, en Saône-et-Loire, des personnes qui souhaitent mieux comprendre leurs réactions, leurs schémas répétitifs et ce qui pourrait se jouer derrière certains comportements. Je propose également des accompagnements à distance.
Et si votre réaction avait quelque chose à vous apprendre ?
Peut-être que cette réaction que vous aimeriez tant faire disparaître n’aurait pas besoin d’être combattue en premier lieu.
Peut-être aurait-elle besoin d’être comprise.
Qu’est-ce qu’elle pourrait chercher à protéger ?
Qu’aurait-elle appris autrefois ?
Et surtout, est-ce que cette façon de fonctionner correspond encore à la personne que vous êtes aujourd’hui ?
Je crois que nous pouvons apprendre à regarder nos réactions avec plus de douceur, sans pour autant les subir.
Entre ce qui se passe et ce que nous faisons, il pourrait exister un petit espace.
Un espace pour observer.
Un espace pour comprendre.
Et petit à petit, un espace pour choisir autrement.
Si vous sentez que vous tournez en rond dans une réaction, une relation ou un comportement que vous ne comprenez plus, je vous propose que nous allions regarder ensemble ce qui pourrait se jouer derrière.
Vous vous reconnaissez dans ce que vous venez de lire ?
Prenons un premier temps pour comprendre ce qui se passe en vous et voir ensemble ce qui pourrait vous aider à avancer.
Biolisphère Activate, comprendre pour retrouver du choix.