Ce qui se joue en Nous – Réflexion 5

Alignement personnel : et si cela commençait par notre sécurité intérieure ?

On parle beaucoup d’alignement.

Être aligné avec soi-même, avec ses valeurs, ses envies, sa vie… Le mot est devenu courant dans le développement personnel, mais je me demande parfois si nous lui donnons tous le même sens.

Pour moi, l’alignement n’est pas une destination à atteindre, ni un état dans lequel nous pourrions rester définitivement.

Je le vois plutôt comme une relation vivante avec nous-mêmes. Une façon d’écouter ce qui se passe en profondeur, de reconnaître ce qui nous nourrit, ce qui nous limite, ce qui nous sécurise ou au contraire nous met en tension, puis d’ajuster notre manière d’avancer.

Et si l’alignement était finalement moins une ligne droite qu’un ensemble de balises qui nous permettent de retrouver notre chemin lorsque la vie nous déplace ?

📌 À retenir

• L’alignement n’est pas un état figé, il évolue avec nos expériences.
• Notre sécurité intérieure peut devenir une base pour écouter ce qui est juste pour nous.
• Certaines réactions peuvent être liées à des apprentissages ou à des schémas qui ne nous correspondent plus aujourd’hui.
• Nous possédons déjà des ressources qui demandent parfois à être reconnues et réinvesties.
• Nos expériences peuvent devenir des occasions d’observer, d’ajuster et d’ouvrir de nouvelles possibilités.

Femme avançant sur un chemin naturel, symbole de l’alignement personnel et des balises intérieures

L’alignement personnel ne signifie pas toujours aller bien.

Je crois que c’est l’une des premières choses que j’aimerais déconstruire autour de ce mot.

Être aligné ne signifie pas ne plus douter.

Ne plus avoir peur.

Ne plus être en colère.

Ne plus traverser de périodes de remise en question.

La vie nous déplace. Une rencontre, une séparation, un changement professionnel, une naissance, une perte, une difficulté familiale ou simplement une période où nous ne savons plus très bien où nous allons peuvent venir bousculer nos repères.

Nous pouvons alors avoir l’impression de ne plus être alignés.

Pourtant, peut-être que l’alignement ne consiste pas à ne jamais perdre son équilibre.

Peut-être consiste-t-il davantage à pouvoir retrouver ses balises lorsque quelque chose nous en éloigne.

C’est une nuance importante pour moi.

Parce que si nous cherchons constamment à être parfaitement alignés, nous pouvons finir par nous demander si nous faisons suffisamment bien les choses. Et nous recréons alors une nouvelle injonction.

Il faudrait être aligné.

Bien manger.

Bien respirer.

Bien penser.

Bien gérer ses émotions.

Bien écouter son corps.

Même notre quête de mieux-être peut devenir une source de pression.

Je préfère imaginer l’alignement comme quelque chose de beaucoup plus vivant.

Nos balises intérieures parlent aussi de sécurité.

Pour moi, l’alignement commence en partie par cette question :

Est-ce que je me sens suffisamment en sécurité pour écouter réellement ce qui se passe en moi ?

Écouter ses valeurs demande une certaine disponibilité intérieure.

Reconnaître ses limites demande de pouvoir les entendre avant d’arriver à l’épuisement.

Identifier ce qui nous nourrit suppose de faire une différence entre ce que nous désirons réellement et ce que nous avons appris à faire pour être accepté, reconnu, aimé ou simplement pour maintenir un équilibre autour de nous.

C’est là que notre histoire peut entrer en jeu.

Nous pouvons avoir appris à prendre soin de tout le monde avant nous.

À ne pas faire de vagues.

À être fort.

À nous adapter.

À réussir.

À ne pas décevoir.

Certaines de ces adaptations ont peut-être été utiles à un moment de notre vie. Elles ont pu nous permettre de traverser certaines situations.

Mais ce qui nous a aidés hier n’est pas forcément ce dont nous avons besoin aujourd’hui.

C’est aussi pour cela que je trouve intéressant d’observer les schémas qui semblent se répéter malgré nous. Ils peuvent nous donner des informations sur notre fonctionnement actuel et sur ce que nous cherchons peut-être encore à sécuriser.

Cette exploration rejoint notamment mon travail autour des relations difficiles et des schémas répétitifs.

Sortir de certaines loyautés pour retrouver ses propres repères.

Dans mon approche, je m’intéresse aussi à ce qui peut se transmettre dans une histoire familiale.

Pas pour expliquer toute notre vie par notre généalogie.

Mais parce que certaines façons de faire, certaines places, certaines croyances ou certaines loyautés peuvent parfois influencer notre manière d’être en relation avec nous-mêmes et avec les autres.

Nous pouvons par exemple avoir intégré qu’il fallait être celui ou celle qui tient tout le monde debout.

Ou qu’il ne fallait surtout pas prendre trop de place.

Ou encore qu’il fallait réussir là où quelqu’un avant nous avait échoué.

Lorsque ces fonctionnements deviennent conscients, une question peut apparaître :

Est-ce encore mon choix aujourd’hui ?

Cette question ne signifie pas qu’il faudrait rejeter son histoire.

Elle ouvre simplement une possibilité.

Celle de faire la différence entre ce qui nous appartient profondément et ce que nous avons peut-être porté par adaptation, par amour, par protection ou par loyauté.

L’alignement pourrait alors aussi être une forme de réappropriation.

Pas pour devenir quelqu’un d’autre.

Pour retrouver des parts de nous déjà présentes, mais qui n’ont peut-être jamais trouvé suffisamment de sécurité pour s’exprimer.

Nous avons parfois déjà les ressources que nous cherchons.

C’est une idée qui revient beaucoup dans ma pratique.

Nous cherchons souvent à l’extérieur une réponse qui nous permettrait enfin de nous sentir suffisamment bien.

Une méthode.

Une personne.

Une validation.

Une nouvelle formation.

Une nouvelle compréhension.

Et bien sûr, certaines rencontres ou certains accompagnements peuvent réellement nous aider.

Mais je ne crois pas que l’accompagnement consiste à déposer quelque chose dans une personne qui serait vide de ressources.

Je le vois davantage comme un espace dans lequel elle peut commencer à retrouver ce qui était déjà là.

Une capacité à poser une limite.

Une intuition.

Une créativité.

Une capacité à dire non.

Une envie longtemps mise de côté.

Une manière différente de communiquer.

Une possibilité que nous n’avions jamais envisagée.

C’est aussi pour cela que j’aime l’image du bâtisseur.

Nous ne partons pas de rien.

Nous avons déjà des matériaux.

Certaines pierres sont solides. D’autres demandent à être déplacées. Certaines fondations ont besoin d’être consolidées.

Et parfois, il faut simplement découvrir qu’une porte existait déjà.

Mains construisant un empilement de pierres, symbole de sécurité intérieure et d’alignement personnel
Nous ne partons pas de rien. Nous avons déjà des ressources. Parfois, il s’agit simplement de leur permettre de trouver leur place.

L’alignement se construit dans le mouvement.

C’est probablement là que ma vision de l’alignement s’éloigne le plus d’une recherche de perfection.

Je ne pense pas que nous devenions alignés une fois pour toutes.

Nous évoluons.

Nos besoins changent.

Nos relations changent.

Notre environnement change.

Notre perception de nous-mêmes change.

Alors notre manière d’habiter notre vie peut elle aussi évoluer.

Une décision qui était juste pour nous il y a cinq ans peut ne plus l’être aujourd’hui.

Une limite que nous n’étions pas capables de poser hier peut devenir évidente demain.

Une situation que nous subissions auparavant peut nous donner envie d’explorer une autre possibilité.

C’est dans ce mouvement que nous apprenons.

Nous observons.

Nous comprenons.

Nous expérimentons.

Nous ajustons.

Puis nous intégrons.

Et parfois, nous recommençons.

Cette boucle me paraît beaucoup plus intéressante que la recherche d’un état parfait.

Elle rejoint aussi ce que nous savons de la plasticité cérébrale : nos expériences, nos apprentissages et nos comportements participent à modifier les circuits que notre cerveau mobilise au fil du temps.

Cela ne signifie pas que nous pouvons simplement penser différemment et tout transformer par la volonté.

Notre cerveau et notre organisme évoluent dans un dialogue permanent avec notre environnement, nos expériences, nos habitudes et notre état émotionnel.

C’est aussi pour cela que la manière dont nous traversons une expérience peut devenir importante.

Ce que nous vivons aujourd’hui participe aussi à ce que nous construisons demain.

Imaginez une personne qui accepte systématiquement des choses qu’elle ne souhaite pas réellement.

Elle dit oui alors qu’elle pense non.

Elle prend sur elle.

Elle évite les conflits.

Elle se convainc que ce n’est pas si grave.

Pendant un temps, cela peut fonctionner.

Puis le corps fatigue. Les émotions débordent. Le ressentiment apparaît. Le stress augmente.

Un jour, elle commence à observer ce fonctionnement.

Elle remarque son automatisme.

Elle expérimente une petite limite.

La première fois, c’est inconfortable.

La deuxième fois aussi.

Puis elle découvre qu’elle peut dire non sans que le monde s’écroule.

Ce n’est pas spectaculaire.

Mais quelque chose vient de changer.

Une nouvelle expérience vient rencontrer son cerveau, son corps, ses émotions et sa représentation d’elle-même.

Elle vient peut-être d’ajouter une nouvelle possibilité à son paysage intérieur.

C’est ici que je trouve la notion d’alignement particulièrement intéressante.

Il ne s’agit pas seulement de savoir ce que nous voulons.

Il s’agit aussi de nous permettre progressivement de vivre ce que nous avons compris.

Et cela demande parfois du temps.

Devenir l’architecte de sa vie, sans chercher à tout contrôler.

Être architecte de sa vie ne signifie pas contrôler le terrain.

Nous ne choisissons pas tout ce qui nous arrive.

Nous ne maîtrisons pas les réactions des autres, les imprévus, les pertes, les changements ou les événements qui viennent bouleverser nos plans.

Mais nous pouvons parfois apprendre à regarder autrement ce qui est là.

Que puis-je faire avec cette situation ?

Qu’est-ce qu’elle vient réveiller en moi ?

Qu’est-ce qui m’appartient réellement ?

Quelle limite puis-je poser ?

Quelle nouvelle possibilité n’avais-je pas encore envisagée ?

Et surtout :

De quoi ai-je besoin pour me sentir suffisamment en sécurité afin d’avancer ?

Pour moi, c’est là que commence véritablement le travail d’alignement.

Pas dans la recherche d’une vie parfaitement maîtrisée.

Dans la construction progressive d’une sécurité intérieure qui nous permet de rester en mouvement sans nous perdre complètement.

Et si nos balises étaient déjà là ?

Peut-être que nous passons parfois beaucoup de temps à chercher notre voie alors que nous avons déjà quelques repères à l’intérieur de nous.

Une valeur qui revient toujours.

Une limite que nous n’arrivons plus à franchir.

Une sensation corporelle qui nous alerte.

Une envie que nous repoussons depuis longtemps.

Une relation dans laquelle nous ne nous reconnaissons plus.

Une activité qui nous redonne de l’élan.

Une partie de nous qui demande simplement à être entendue.

Ces éléments ne donnent pas nécessairement une réponse immédiate.

Mais ils peuvent devenir des balises.

Et lorsque nous apprenons à les écouter, nous pouvons commencer à construire autrement.

À Bourgvilain, près de Cluny et de Mâcon, c’est aussi cette approche que je souhaite proposer dans mes accompagnements : créer un espace pour prendre du recul, observer ce qui se joue, retrouver ses ressources et expérimenter de nouvelles possibilités, sans chercher à entrer dans une case.

L’alignement comme chemin, pas comme destination.

Je crois finalement que l’alignement n’est pas quelque chose que nous trouvons.

C’est quelque chose que nous apprenons à habiter.

Il peut changer avec nous.

Il peut être questionné.

Il peut même disparaître momentanément lorsque la vie nous demande de reconstruire certaines fondations.

Et ce n’est pas forcément un échec.

Peut-être est-ce simplement le signe que nos anciennes balises ne correspondent plus tout à fait à la personne que nous sommes en train de devenir.

Alors une autre question peut émerger :

Et si notre rôle n’était pas de trouver une fois pour toutes qui nous sommes, mais de continuer à construire un espace intérieur suffisamment sécurisant pour découvrir qui nous pouvons devenir ?

C’est cette vision de l’alignement que je souhaite explorer dans ma pratique : non pas vous dire qui vous devez être, mais vous accompagner dans l’observation, la compréhension et l’expérimentation de vos propres ressources.

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez comprendre ce qui peut se jouer derrière vos réactions, vos émotions ou certains schémas qui se répètent, vous pouvez également découvrir mon approche psycho-émotionnelle, psycho-corporelle et comportementale.

Vous vous reconnaissez dans cette réflexion ? Le premier échange est offert, 30 à 45 minutes pour déposer ce que vous traversez et voir ensemble ce qui pourrait vous aider.